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LA REVUE DU FEU


1 CYGNE, 4 TRANSFIGURATIONS
VARIATIONS SUR UN MALLARMÉ MALMENÉ En dehors de ses polémiques avec Edmund Wilson (et une bonne moitié des universitaires occidentaux) autour du Eugène Onéguine de Pouchkine, Vladimir Nabokov, sur ce sujet si épineux du passage de la langue russe poétique à toute autre langue de ce monde, eut une autre victime régulière : le poète américain Robert Lowell, qui avait donné dans un recueil intitulé Imitations des versions pour le moins très libres de Baudelaire ou de Rimbaud. N


« SUR LA MARCHE À L’ENVERS »
Un poème d’Anne Carson présenté par Pierre Pigot Les spectres hantent l’histoire de la peinture ; et ils ne sont jamais plus dangereux que lorsqu’ils s’entourent de mystère. Füssli, Goya, bien entendu. Je me souviens avoir longuement observé, dans la Chasse de Diane de Böcklin, accrochée sur un mur de granit dans un musée parisien, les quelques figures fantomatiques qui semblent glisser à la surface de son paysage anxiogène et bouleversé. Un chien qui court, mais vers quoi ?


LES LUMIÈRES MORTES DE L’ENFANCE
SUR UNE RENCONTRE STEPHEN KING / PIERRE JEAN JOUVE Élodie Denis Me replonger dans ÇA de Stephen King m’a conduite à interroger cette fortune – heureuse ou funeste – qui gouverne la trajectoire du Club des Losers. Tandis que j’écrivais à partir de cette relecture, plusieurs découvertes faites au hasard, notamment dans une bibliothèque de Seattle, sont venues éclairer et prolonger mes réflexions sur cette épopée traversée par des questions de destin romanesque et de roman natio


« TENDRESSE »
Un poème d’Emanuel Campo présenté par Fabien Thévenot C'est toujours dur d'élucider le pourquoi on aime un poète. On peut toujours se retrancher sur des histoires de style, de champ lexical, de personnalité. Tous ces éléments pèsent, bien sûr. Mais au final c'est souvent l'impression générale que vous laissent des poèmes ou un recueil qui l'emporte. Je n'ai jamais eu tellement envie de résoudre cette question par l'analyse formelle. Souvent forcé de la chevaucher en tant qu'


UN POÈME : « LE TEMPS N’APPORTE AUCUN RÉCONFORT » / Edna St Vincent Millay
Il y a une quinzaine d’années, c’est par un pur hasard que j’ai lu pour la première fois les poèmes de jeunesse d’Edna St Vincent Millay (1892-1950) : dans un catalogue de livres en anglais libres de droits d’auteur et donc proposés presque à vil prix, ce nom long et lumineux comme une guirlande baroque avait attisé ma curiosité. Sur la couverture, la photographie floue d’une jeune femme au regard sombre et concentré, capturée parmi les rameaux en fleurs d’un printemps de Nou


UN POÈME : « LIRE M’ENNUIE » / Joséphin Soulary
C’est le camarade Frédérick Houdaer qui a attiré notre attention sur ce poème de Joséphin Soulary (1815-1891), poète né et mort à Lyon, d’abord enfant placé écrivant des poèmes entre deux petits métiers permettant à peine de subsister, mais qui parvint à mener deux carrières parallèles et communéments respectées, celle de gloire poétique locale, et celle de grand fonctionnaire lugdunumien. Pour en savoir plus, il faudrait souffler la poussière numérique des bases de la BnF –


BORDÉES D'IMAGES
Frédérick Houdaer depuis peu j’habite au bord de la Manche j’ai lu les centaines de pages que Victor Hugo lui a consacrées principalement dans Les travailleurs de la mer j’arrive après lui bien évidemment Victor Hugo a “plié le game” et ensuite ? ensuite Hugo a dessiné personne ne le lui a demandé et il ne s’est rien interdit Hugo a dessiné en mode automatique parfois il a repris à l’encre l’un de ses gribouillis pour l’envoyer à ses gosses Hugo a expérimenté a tout mis à sa


SONNET LXXIII + 4 VARIATIONS
Le Feu Sacré est fier de compter, parmi ses collections, Menace Mineure , consacré à la poésie contemporaine, avec déjà trois volumes à ce jour. Mais dans l’arbre toujours plus vivant qu’on ne le croit de la poésie, il n’y a pas de feuillage vivace sans considérer les branchages parfois robustes, parfois noueux, qui l’ont nourri de leur passé sonore. En cette fin d’année, deux images sont entrées en collision : d’un côté, le sonnet numéroté 73 de Shakespeare, l’un des plus cé
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