

HEUREUX QUI COMME ULYSSE
LECTURES EN 49 LIGNES, #4 Pierre Pigot « UN CONTE DE DEUX VILLES » DE CHARLES DICKENS « C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps ; c’était l’âge de la sagesse, c’était l’âge de la folie ; c’était l’époque de la foi, c’était l’époque de l’incrédulité ; c’était la saison de la Lumière, c’était la saison de l’Obscurité ; c’était le printemps de l’espoir, c’était l’heure du désespoir ; nous avions tout devant nous, nous n’avions rien devant nous » : les lignes q


1 CYGNE, 4 TRANSFIGURATIONS
VARIATIONS SUR UN MALLARMÉ MALMENÉ En dehors de ses polémiques avec Edmund Wilson (et une bonne moitié des universitaires occidentaux) autour du Eugène Onéguine de Pouchkine, Vladimir Nabokov, sur ce sujet si épineux du passage de la langue russe poétique à toute autre langue de ce monde, eut une autre victime régulière : le poète américain Robert Lowell, qui avait donné dans un recueil intitulé Imitations des versions pour le moins très libres de Baudelaire ou de Rimbaud. N


JOUR DE SPOILER
Richard Gaitet « Trouver pour l’amour un mot plus fort, un mot qui serait comme du vent mais soufflant du dedans de la terre, un mot qui n’a pas besoin de montagnes mais d’immenses cavernes où il a pris ses quartiers et d’où il s’élance par monts et par vaux, comme de l’eau mais sans être de l’eau, comme du feu mais ne brûlant pas, lumineux de part en part comme le cristal mais ne coupant pas, une forme pure, transparente, un mot comme la voix des animaux mais qui se comprend


« TOUT CE BORDEL DEVRAIT ÊTRE EN LIVRE DE POCHE »
Une lettre inédite de Thomas Pynchon Alors qu’à l’automne prochain, les éditions Bourgois publieront la traduction française de Shadow Ticket, le dernier roman paru de Thomas Pynchon, dans une traduction de Nicolas Richard qui ne pourra être qu’optimale, nous profitons de cet événement imminent pour reproduire ci-dessous la traduction d’une lettre de Pynchon lui-même, apparue il y a plusieurs années lors d’une vente aux enchères d’un ensemble de documents le concernant. L’aut


LECTURES EN 49 LIGNES, #3
Pierre Pigot « ADA OU L’ARDEUR » DE VLADIMIR NABOKOV Coïncidant en 1969 avec le soixante-dizième anniversaire de son auteur, la publication d’Ada ou l’Ardeur, venant après celles de Lolita et de Feu Pâle, est le couronnement de l’œuvre en anglais de Nabokov, le lieu imaginaire fantastique où ses deux nations, et surtout ses deux langues, ont fini littéralement par ne plus offrir qu’un unique paysage mental où tout est possible. Après avoir été introduits à l’histoire revisi


ADELPHI, ENTRE MÉMOIRE ET FUTUR
Une interview de Roberto Colajanni Propos recueillis par Paolo Di Stefano et parus dans Il Corriere della Sera le 19 mai 2022 Quand Roberto Calasso, en 1971, devint directeur éditorial des éditions Adelphi, il avait trente ans et sortait d’une décennie passée aux côtés de Roberto Bazlen et de Luciano Foà, les fondateurs de la maison. À sa mort en 2021, c’est son neveu Roberto Colajanni - fils de Vanna Calasso, spécialiste de l’Islam, et de l'anthropologue Antonino Colajanni





















































