

S’EN FOUT DE L’UNIVERS CONNU
JOURNAL FRAGMENTAIRE & DÉRISOIRE | #13 Fabien Thévenot 5|05|26 ● Laissez-moi chanter mon amour de ce groupe ; laissez-moi chanter mon amour de ce disque. Un album parfait pour le printemps. A la fois ensoleillé mais mélancolique comme une accablante après-midi de canicule. Un disque de surf-music à écouter dans les cimetières ; un disque de power-pop pour trains fantômes. Dont il est impossible de démêler la lumière des ténèbres ; c'est un pur joyaux de luminombre, ou au choi


LES LUMIÈRES MORTES DE L’ENFANCE
SUR UNE RENCONTRE STEPHEN KING / PIERRE JEAN JOUVE Élodie Denis Me replonger dans ÇA de Stephen King m’a conduite à interroger cette fortune – heureuse ou funeste – qui gouverne la trajectoire du Club des Losers. Tandis que j’écrivais à partir de cette relecture, plusieurs découvertes faites au hasard, notamment dans une bibliothèque de Seattle, sont venues éclairer et prolonger mes réflexions sur cette épopée traversée par des questions de destin romanesque et de roman natio


LECTURES EN 49 LIGNES, #2
Pierre Pigot « LA NUIT DE WALPURGIS » DE GUSTAV MEYRINK Nous voici à nouveau à Prague, la ville fantastique par excellence, celle dont le nom signifie « le seuil », celui sur lequel l’homme se tient à chaque étape de son existence, cette fois ébranlé par les déchirements de la réalité qu’induit dans la psyché européenne le choc de la Première Guerre Mondiale. En haut, à l’ombre de la cathédrale et du palais royal, il y a le Hradshin, microcosme de l’aristocratie décatie, do


CHIEN DE PRINTEMPS
Richard Gaitet « On se vautrait dans l’échec… avec enthousiasme. » Mon grand-père René, charcutier-traiteur dans l’Ain, me racontait souvent une anecdote qui faisait sa fierté. Au milieu des sixties, à Lyon, il avait été embauché pour superviser la cantine du tournage d’un film sur la révolte des canuts de la Croix-Rousse, avec Lino Ventura et Marlène Jobert. Le titre était, disait-il, « Sois la soie », écrit et réalisé par un certain Alexandre Trannoy à partir d’une vaste


LE SIGNORINE – FELICE CASORATI, 1912
Arthur-Louis Cingualte A Venise, la sidération que procure la découverte de la ville passée, l’esthète sylvestre – celui qui préfère les prouesses de la nature à leur imitation – ne manquera pas de faire la remarque à ses compagnons de voyage : dans la Sérénissime, il n’y a pas plus d’asphalte qu’il y a de verdure (et les moineaux qui vont avec). L’affirmation, bien évidemment, aussi naturelle soit-elle, est à nuancer : on trouve un petit parc par ci par-là, des arbres vénéra


« TENDRESSE »
Un poème d’Emanuel Campo présenté par Fabien Thévenot C'est toujours dur d'élucider le pourquoi on aime un poète. On peut toujours se retrancher sur des histoires de style, de champ lexical, de personnalité. Tous ces éléments pèsent, bien sûr. Mais au final c'est souvent l'impression générale que vous laissent des poèmes ou un recueil qui l'emporte. Je n'ai jamais eu tellement envie de résoudre cette question par l'analyse formelle. Souvent forcé de la chevaucher en tant qu'




















































