

LE SISMOGRAPHE BRISÉ
Pierre Pigot Quand Leonard Woolf publia en 1953, sous une couverture dessinée par sa belle-sœur Vanessa Bell, des extraits du copieux journal intime de sa défunte femme, il lui importait avant tout de réaliser ce qui lui semblait un acte de piété, envers un être qui avait énormément compté pour lui, mais dont surtout il s’agissait d’affirmer la place dans les lettres anglaises, cette lande capricieuse où surgissaient sans cesse (et avec un caprice d’autant plus augmenté par l


UN POÈME : « LIRE M’ENNUIE » / Joséphin Soulary
C’est le camarade Frédérick Houdaer qui a attiré notre attention sur ce poème de Joséphin Soulary (1815-1891), poète né et mort à Lyon, d’abord enfant placé écrivant des poèmes entre deux petits métiers permettant à peine de subsister, mais qui parvint à mener deux carrières parallèles et communéments respectées, celle de gloire poétique locale, et celle de grand fonctionnaire lugdunumien. Pour en savoir plus, il faudrait souffler la poussière numérique des bases de la BnF –


TU VOUDRAIS BIEN ME FAIRE L’AMOUR ?
FRANÇOIS BOURGEON – TOUTE BEAUTÉ EST EN DANGER Aurélien Lemant Il faut se figurer la vie au large à bord d’un vaisseau durant des semaines, voire des mois, sans la plus petite escale, sans un consistant bout d’îlot à se caler sous la longue-vue, squales et albatros pour seuls visiteurs, avec la camaraderie forcée et la promiscuité de chaque instant, à déféquer dans des seaux devant huit cents acolytes et dormir en alternance parmi des voiles tendues en hamacs ou à même le pla


LES TERREURS OBSCURES DE LA PROSE
Pierre Pigot Ayant digéré la majeure partie de la littérature fantastique de langue anglaise (un petit sourire de supériorité pour les Français, un autre de connivence avec les Antiques), comme le prouverait son petit traité Epouvante et surnaturel en littérature (où il distribuait bons et mauvais points à ses prédécesseurs fameux, non sans une dose de pédanterie bien à lui), Lovecraft possédait à la perfection la maîtrise de sa panoplie narrative, comme les cambrioleurs ont


LE DRAPÉ MARÉCAGEUX
« La Belle et la Bête » de Juraj Herz (1978) Arthur-Louis Cingualte Loin de tous systèmes connus, aussi ignorés que braconnés, des continents esthétiques à la dérive, la géographie cinéphile n’en manque pas. Sortes d’imputrescibles cadavres en orbite autour des imaginaires collectifs on les voit surgir comme ça, soudainement, à la faveur de tel reflux numérique pirate, de telle initiative rétrospective ou de telle obscure réédition. Promesses d’expériences archéologiques ex


BORDÉES D'IMAGES
Frédérick Houdaer depuis peu j’habite au bord de la Manche j’ai lu les centaines de pages que Victor Hugo lui a consacrées principalement dans Les travailleurs de la mer j’arrive après lui bien évidemment Victor Hugo a “plié le game” et ensuite ? ensuite Hugo a dessiné personne ne le lui a demandé et il ne s’est rien interdit Hugo a dessiné en mode automatique parfois il a repris à l’encre l’un de ses gribouillis pour l’envoyer à ses gosses Hugo a expérimenté a tout mis à sa


















































